La Révolution

Musée de Bretagne, Collection Arts Graphiques
Emeutes devant le Parlement.

La Journée des bricoles

Paralysie des Etats de Bretagne
Au début de l’année 1989, les États de Bretagne se tiennent pour décider du montant des impôts dont la part revient au roi. Les bourgeois essayent à cette occasion de faire passer une réforme de la composition des États. Face au refus des nobles et du clergé, le ton monte jusqu’à ce que Louis XVI suspende pour un mois le parlement de Bretagne, chargent l’évêque de Rennes de calmer les esprits échauffés. Le clergé et les bourgeois se plient mais les nobles refusent de quitter le parlement.

Musée de Bretagne, Collection Arts Graphiques
Fac-similé réduit d’une ancienne image populaire de Rennes, vendue chez Pierre Bazin, rue du Puy du Mesnil (avant l’incendie de 1720). […] L’original est conservé aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.

Rassemblement aux prairies de Beaumont
En parallèle l’hiver est très dur et les récoltes médiocres font augmenter le prix de la farine. La famine sévit dans le petit peuple. Les nobles décident de se servir de la situation pour justifier leur refus de la réforme proposée par les bourgeois. Ils organisent une protestation le 26 janvier afin de prouver qu’ils peuvent eux-aussi prendre la voix des plus miséreux. Ils réunissent sur le Champ de Mars des laquais, porteurs d’eau et autres travailleurs ayant usage de bricoles (lanières de cuir) pour porter leurs fardeaux. C’est ainsi que cette journée gardera pour la postérité le nom de Journée des bricoles.

Altercations
Cette protestation se dirige vers le Parlement arguant que si le prix du pain est si haut c’est la faute des bourgeois qui paralysent les États. Croisant des étudiants en droit en chemin, les manifestants s’attaquent à eux à coups de gourdin.

Premier sang
Le lendemain, les étudiants molestés décident d’aller ironiquement porter plainte au Parlement. Mais la porte de ce dernier reste fermée. La foule enfle devant le Parlement. Les nobles qui s’y étaient enfermés décident alors de sortir, armes aux poings. S’en suit une mêlée générale qui fera deux morts et de nombreux blessés.

La jeunesse s’assemble
Les nobles quittent Rennes, s’y sentant en danger et les étudiants se fédèrent et sont rejoints par la jeunesse des villes alentours (Nantes notamment, ce à quoi M. de Tronjolly rendra hommage).

Premières heures de la Révolution
Il s’agit selon les historien de l’une des premières manifestations liée à la Révolution. Chateaubriand, qui relate ces évènements dans ses Mémoires d’outre tombe écrira « Lecteur, je t’arrête : regarde couler les premières gouttes de sang que la Révolution devait répandre […] ».

Musée de Bretagne; Collection Arts Graphiques
Portrait de Chateaubriand

La Révolution
Pendant la Révolution française, les biens appartenant aux communautés religieuses sont confisqués en vertu du décret du 2 novembre 1789 et les visitandines sont chassées de leur couvent du colombier. En 1790, à la Révolution, la prairie de Beaumont — actuelle esplanade Charles de Gaulle — est choisie pour célébrer les fêtes de la Fédération. Avec l’aide de la population, on la terrasse et la rebaptise « Champ de la Fédération » ou « Champ de Mai ». En 1792, le couvent est vendu comme bien national et des familles bourgeoises s’y installent ainsi que la loge maçonnique pendant quelques temps.

Musée de Bretagne, Collection Arts Graphiques
Caserne du Colombier, anciennement Couvent des Visitandines.